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François-René Rideau
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Résistance contre terrorisme

Qui sont les résistants, qui sont les terroristes? Qui sont les assassins, qui sont les héros? Un indicateur qui marche souvent étonnament bien: prendre à contre-pied la presse nationale socialiste. Mais bon, comme passer de cet indicateur approximatif à un principe systématique?

La presse nationale socialiste présente comme des résistants les islamistes irakiens qui posent des bombes dans les ateliers de coiffure et débits de boissons, lieux impurs, ou encore les islamistes tchétchènes qui tuent des enfants dans le dos après les avoir assoiffés. Elle présente comme des terroristes des jeunes gens qui ont libéré un peuple de la dictature, comme un assassin un opprimé qui a tué deux chiens lancés à ses trousses. Autant de cas où elle joue bien son rôle d'indicateur inverse de la vérité.

Mais pour aller au-delà et trouver le principe qui distingue la résistance légitime et le terrorisme criminel, reprenons le procès de la violence pour résister à l'oppression. Est-il légitime de tuer un gestapiste venu chez vous pour vous arrêter? Est-il légitime de tuer un Gauleiter venu vous intimer l'ordre de vous conformer aux édits nationaux socialistes, sans quoi il lâchera sur vous ses chiens de gardes décérébrés? Oui, bien sûr.

Est-ce par une quelconque règle de proportionnalité de la réaction, il faut épargner le pacifique commissaire politique qui vient chez vous sans arme vous intimer l'obéissance au régime sous peine de subir la violence ultérieure de sbires idiots? Certainement pas! Il vous a déclaré la guerre. Vous pouvez légitimement vous défendre par tous les moyens, y compris la mise à mort, tant qu'ils continuera à vous agresser. La mort, la destruction de tout ce qui a de la valeur à vos yeux, est la sanction ultime qu'il vous réserve dans votre désobéissance; n'hésitez pas à la lui retourner.

D'ailleurs, le concept même de proportionnalité est une imposture intellectuelle n'a aucun strictement sens dans le context d'une guerre. Chaque expérience humaine est personnelle; chaque jeu de préférences personnelles est une échelle ordinale et non pas cardinale; chaque échelle personnelle est parfaitement incomparable à aucune tout autre échelle personnelle. La notion d'équivalence entre services émerge lors d'échanges volontaires, et d'ailleurs est une illusion trompeuse, puisque dans un échange volontaire, loin que chacun reçoive autant qu'il donne dans un jeu à somme nulle, chacun reçoit de son point de vue subjectif plus qu'il n'offre, dans un jeu à somme positive — sans quoi il n'échangerait pas volontairement. Lorsqu'une force de police est tellement écrasante qu'elle est sûre de gagner un affrontement, et tente de minimiser ses coûts, émerge éventuellement une équivalence d'une nature bien différente: celle qu'un malfrat rationnel (ils ne le sont pas tous) fait entre les gains qu'il espère retirer de son activité et les risques et maux qu'il est prêt à affronter. Mais dans une guerre à l'issue incertaine, ce concept n'émerge pas. Votre ennemi veut votre perte et vous menace des moyens dont il dispose; vous vous défendez comme vous pouvez avec les moyens que vous avez -- le seul équilibre pertinent sera celui éventuel des forces meurtrières déployées, et votre intérêt comme le sien est de disposer de la force la plus grande possible.

Notons d'ailleurs que les vraies crapules ne portent pas d'arme; elles chargent d'autres d'en porter à leur place. Ces autres, policiers décérébrés, brutes épaisses enrôlées par le pouvoir, gardiens de l'ordre mis au service d'un ordre maléfique, sont l'arme brandie par les commissaires politiques. De même qu'on ne punit pas la balle ou le flingue, mais celui qui les brandit, il est stupide de s'acharner sur des animaux dénués de prérogative morale (ou d'humains ayant renoncé aux leurs) tout en refusant à s'attaquer au responsable qui les dirige sur telle ou telle cible. Si quelqu'un lance sur vous des molosses dressés pour tuer, vous pouvez éventuellement abattre ces chiens de garde lancés à vos trousses, mais votre ennemi réel est celui qui a lancé les molosses et non pas les molosses eux-mêmes, qui seraient éventuellement de braves bêtes avec un meilleur maître (mais sont souvent incurablement liées à leur maître actuel tant qu'il vit encore). Vos ennemis sont tous ceux qui prennent sciemment des décisions violant vos droits, et non pas les automates subhumains manipulés par ces ennemis. L'espion ou le maître chanteur qui va vous dénoncer à la Gestapo est votre ennemi et vous pouvez l'abattre.

Tous ceux qui agissent pour votre perte, même s'ils n'ont pas vocation à vous porter le coup fatal de leur main nue, même s'ils se contentent de vous enfermer à vie plutôt que de vous tuer, même s'ils vous épargneront volontiers tant que vous leur obéissez servilement, sont vos ennemis, et il est légitime que vous les abattiez sans sourciller. La mort n'est souvent que la sanction ultime dévolue au résistant; pour ceux qui ne résistent pas jusqu'au bout, l'oppresseur prévoit des peines moindre, allant de l'amende à la confiscation, de l'interdiction d'agir à l'activité forcée, de la liberté surveillée à l'internement, de la censure marginale au lavage de cerveau permanent, de l'enregistrement obligatoire au camp de concentration -- mais c'est toujours la botte visible de l'état qui promet à l'opprimé la peine suivante s'il ne se soumet pas à la peine actuelle. Voix douceureuse parfois, botte cloutée toujours. La guerre se caractérise par la négation perpétuelle du droit de propriété d'autrui, et non pas par la force de la prochaine peine sur l'échelle coercitive promise au résistant.

Il est donc établi qu'il est toujours légitime de tuer l'oppresseur, même soi-disant désarmé, même s'il ne vous menace que d'un maigre larcin, comme une amende légère pour défaut d'obéissance au réglement oppressif -- car si la sanction proxime est légère, la sanction ultime contre la résistance, elle, est toujours la mort. Cependant, est-il toujours sage de tuer l'oppresseur? La réponse, malheureuse, est: rarement. En effet, les gestapistes n'agissent souvent que quand ils sont déjà les plus forts, et de très loin; ils n'osent se montrer que quand ils se savent ou croient les plus forts, et alors il est souvent trop tard pour réagir. C'est pourquoi, face aux agents nationaux socialistes comme les fonctionnaires faisant régner les caprices d'un dictateur ou ceux faisant appliquer les édits d'une assemblée, il est peu indiqué d'attaquer de front. La fuite, quand elle est possible, est trop souvent le seul moyen d'échapper à la soumission, quitte à revenir faire la guerre après depuis une base étrangère ou clandestine échappant au contrôle de l'oppresseur. S'il faut résister violemment, alors la stratégie la plus judicieuse est souvent une attitude dynamique alternant fuite et affrontement.

La guerre de résistance est parfois une nécessité, une exigence morale provenant du plus profond de notre dignité d'homme. Peut-on distinguer un résistant d'un terroriste? Oui, bien sûr. Le résistant s'en prend aux coupables: agents du fisc qui viennent racketter les victimes, inspecteurs qui vont s'assurer que les diktats sont respectés, espions qui vont dénoncer ceux qui tentent de contourner les édits du pouvoir, policiers qui arrêtent des innocents, commissaires politiques et administrateurs publics qui incarnent le pouvoir, politiciens qui dirigent, et tous autres fonctionnaires et privilégiés impliqués dans l'oppression. Le terroriste s'en prend aux innocents: enfants, femmes et vieillards, citoyens quelconques, esclaves malgré eux de l'ennemi honni, personnes dont le seul crime est leur opinion opposée à celle du terroriste.

Bien sûr, le résistant pourra parfois par erreur tuer des innocents, comme le terroriste pourra par hasard tuer des coupables. Cela devra être retenu à leur charge ou leur décharge, si jamais ils veulent négocier la paix en réparant leurs torts. Bien sûr, parmi les coupables il y a des gens tout à fait honnêtes, et qui sont de bonne foi quand ils commettent leurs crimes. En fait, comme l'a bien remarqué Soljénistine, Pour qu'un humain fasse le mal, il faut tout d'abord qu'il soit convaincu de faire le bien. Et c'est bien pourquoi la philosophie, bonne ou mauvaise, est maîtresse du destin des hommes.

Bien sûr aussi, les coupables ont une famille; en fait, il est bien plus facile de nourrir une grande famille quand on est un oppresseur privilégié du régime que quand on est un opprimé. Cela ne les absout aucunement, et ne doit inviter à aucune pitié. Il est clair que la famille est a priori innocente et doit être épargnée; mais il est clair aussi qu'en s'alliant à un coupable, elle assume les risques liés à la destruction légitime dudit coupable. Il est clair aussi que la complicité active des membres de cette famille n'est pas exclue, et que si elle est établie a posteriori, les membres de ladite famille pourront être poursuivis à ce titre de coupables: fils héritiers et continuateurs des crimes paternels, femmes intrigantes âmes damnées de leur mari. Attention toutefois que la simple (et naturelle) approbation des proches n'est pas un crime, si elle n'est pas accompagnée d'actions criminelles effectives. Enfin, dans l'éventuelle prise d'otage de sa propre famille au milieu de laquelle il se cacherait, le coupable se ferait principal responsable du danger qu'elle courrait du fait de bavures dans une opération à son encontre.

Il est donc parfaitement possible d'établir une démarcation objective entre résistant et terroriste, au point de vue du droit. Celui qui pose des bombes dans des lieux publics est un terroriste; celui qui affronte des criminels en faisant de son mieux pour épargner les innocents est un résistant. Les esclavagistes-absurdistes veulent effacer cette distinction; ne leur cédons pas un pouce de terrain, car la fausse philosophie est le terreau du crime.

Tags: ethics, fr, fwance, justice, libertarian, natural law, philosophy, police, rkba, war
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