François-René Rideau (fare) wrote,
François-René Rideau
fare

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Solidarité involontaire

Depuis vendredi dernier, je suis "solidaire" avec deux jeunes défavorisés des banlieues avec qui je "partage" mon portable. Mais comme ils sont "distraits", ils oublient de me le rendre, de même qu'ils ont oublié de me demander la permission. Si à cela on ajoute qu'ils m'ont convié gratuitement à un tour de prestidigitation, le tout dans une humeur festive et populaire, sans parler d'une dose subtile d'intimidation physique, on voit que c'étaient de vrais hommes politiques!

Mais enfin, au moins ceux-là ne s'en prennent pas à mon âme, ne m'imposent pas une religion avec son lot de fêtes religieuses.

En fait, le pire, c'est de se sentir aussi vulnérable. Un gars qui a un joint au lèvres, habillé de manière sale et négligée, m'aborde et me touche la poitrine en rythme avec son bras en récitant un slogan de supporter sportif se terminant par "Zidane". Faut-il le repousser violemment? Cela risquerait de le rendre violent à son tour, et il est plus corpulent que moi. Je pourrais utiliser mes rudiments de karaté pour le mettre K.O. tout de suite par surprise avant qu'il ait le temps de réagir, mais ma foi ce serait une réaction un peu exagérée à son comportement certes désagréable. Voilà l'intimidation physique subtile: me mettre au pied du mur, du tout ou rien. Laisser faire ou réagir trop fort. Jouer sur la bienveillance naturelle de la victime pour se donner les coudées franches, en empiétant sur sa propriété assez pour pouvoir agir, mais pas assez pour la faire réagir de la seule façon qui serait efficace.

Je fais attention à mes effets, en tout cas. Après quelques secondes désagréables, il passe son chemin. Je vérifie qu'il ne m'a rien pris. Mais mon soulagement n'est que de courte durée. Son comparse, un antillais qui lui n'a pas fumé, me fait le même tour. Peut-être rassuré d'être sorti indemne précédemment, je fais moins attention. Et quand ledit comparse s'arrête de me tambouriner la poitrine, à la deuxième fois, il est tout content; avant de s'en aller, il interroge mon ami sur ses vêtements, histoire de s'entraîner à jauger du butin transporté par ses victime potentielles.

Or, les coups de bras sur la poitrine sont une diversion, pour qu'en comparaison je ne sente pas la manipulation par laquelle je suis soulagé du téléphone mobile dans la poche extérieure de ma veste. Je m'en aperçois quelques minutes après, mais c'est trop tard. Voilà qui m'apprendra à ranger mes affaires de façon moins accessible. Je fais opposition, et je recevrai une nouvelle carte SIM la semaine suivante, mais j'ai perdu mon téléphone. Toutefois, j'ai le privilège d'être solidaire et fraternel. Ah! les joies du socialisme! En quoi est-il un crime moindre fait à grande échelle qu'à petite échelle?

Tags: fr, fwance, libertarian, memories, redistribution
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