François-René Rideau (fare) wrote,
François-René Rideau
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Que penser de la situation en Irak?

J'ai déjà publié sur ce sujet (voir ces articles: 1, 2, 3), mais suite à une intervention sur un forum, voilà un résumé.

Pour ce qui est de la façon dont la guerre se déroule effectivement, je n'écoute pas les médias français, qui ne sont que des machines de propagandes anti-américaines. Je prends mes informations directement chez les personnes concernées et autres spécialistes. Ceux qui comme moi prendront le temps de lire pourront comparer la situation à toute autre guerre de leur choix par tous autres belligérants. Il paraît clair que les américains sont les belligérants les plus civilisés qu'il ait jamais existé, malgré toutes les bavures, qui sont forcément trop nombreuses (par définition même de "bavure" et de "trop").

Quant à la justification de la guerre, les inventions gauchistes ne veulent voir partout pour seules motivations qu'ils soient capables de comprendre chez autrui, que l'avidité et la malveillance. C'est bien révélateur de la magie noire dans laquelle baignent les statipenseurs. Or, voilà comment l'ont théorisée les néo-conservateurs américains (NB: qui ne sont pas libéraux, donc) qui sont au pouvoir: la guerre est nécessaire pour arrêter les terroristes islamistes, qui clament bien qu'ils ne s'arrêteront qu'après avoir instauré la charia sur la terre entière (i.e. pas avant d'être morts). Saddam les finançait et les armait le plus ouvertement; son renversement a en même temps servi d'exemple pour faire comprendre aux autres dictateurs arabes d'arrêter de faire les cons. Car le terrorisme islamiste croît d'abord et avant tout comme exutoire des frustrations des arabes soumis au joug de dictatures plus ou moins fascistes. Sans parler du fait que Saddam était un dictateur sanguinaire avec lequel il y avait un compte à régler, l'embargo et le programme "pétrole contre nourriture" de l'ONU servant à financer l'oppression accrue des irakiens. Enfin, tout le monde croyait à l'époque que Saddam avait caché son stock d'armes chimiques — même Chirac affirmait que ces armes existaient encore, — et on a paraît-il effectivement retrouvé depuis des fragments épars de ses laboratoires de développement d'armement et de son arsenal. De toute façon, ce ne sont pas les irakiens libérés d'un régime sanguinaire qui pleurent Saddam, ce grand admirateur de Staline, seulement les nationalistes arabes et les socialistes occidentaux.

Les libéraux sont bien sûr opposés par principe à la politique guerrière de l'état. Voir un site libéral résolument anti-guerre comme LRC, voire un site anti-guerre assez libéral comme antiwar.com.

En tant que libéral, je suis bien sûr opposé à ce que dans chaque pays l'état s'arroge le monopole de faire ou de ne pas faire la guerre — et du coup la fasse ou manque de la faire avec sa caractéristique inefficacité. Pour moi, les erreurs qui sont commises sont liées à ce monopole. Mais contrairement à Lew Rockwell et sa fine équipe, cela ne veut pas dire que je m'oppose à la guerre par principe. De même je suis contre le monopole de l'agriculture du blé ou de l'arrestation des malfaisants par l'état, qui sont des catastrophes alimentaire et sécuritaire, et que je ne suis évidemment pas contre l'agriculture du blé ni contre l'arrestation des malfaisants en général, je m'oppose au fait que l'État s'arroge le privilège de la guerre mais ne suis pas pour autant contre l'éviction des régimes sanguinaires par le seul moyen capable de les chasser — la force.

En ce qui concerne les raisons invoquées (unilatéralement certes) pour justifier cette guerre (voir ci-dessus), il me paraît clair qu'elles penchent toutes sans équivoque du côté de la guerre. Est-ce qu'elles contrebalancent le coût de la guerre (moral, humain, financier, juridique, etc.), tel que bien mis en avant (mais non moins unilatéralement) par Lew et ses copains, voilà qui me paraît moins évident.

Mais à la rigueur, c'est une question qui ne me concerne pas, puisque le choix n'est pas le mien. Ce qui me concerne, c'est de combattre la désinformation et la bêtise concernant les objectifs véritables de la guerre, sa réalisation effective, et ses coûts réels. Une fois les mensonges filtrés, chacun devrait pouvoir évaluer en son âme et conscience les vrais facteurs, et prendre sa décision. Or justement, par un monopole que je honnis, les dirigeants de chaque État forcent tous les habitants du pays qu'ils dominent à les suivre dans leur décision et de les empêcher de choisir pour eux mêmes l'autre sens voire une direction légèrement ou complètement différente.

Le choix de faire la guerre ou de ne pas la faire m'a été retiré. Le choix de participer à l'abrutissement des masses, ou au contraire de m'élever contre et de participer à la prise de conscience des rares esprits actifs, lui, m'est ouvert, et pour le meilleur ou pour le pire, j'ai choisi.

PS: dans le même genre, voir ma réponse à Christian Michel dans Le monde à l'envers.

Tags: ethics, fr, interventionism, iraq, libertarian, mu, occidental, war
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