January 22nd, 2011

eyes black and white

Deux approches du Jazz

À Paris, j'ai fait un petit tour des boîtes à Jazz. Je ne connaissais pas encore, mais j'avais envie de découvrir. Grand bien m'en fit. Au Caveau de la Huchette, le Drew Davies Swing Band faisait danser le public, donnant ses propres interprétations de standards du jazz et du rock autant que ses créations originales, pour une soirée fort réussie, dans ambience positive sans prise de tête aucune. Au Duc des Lombards, c'est assis que je passe une agréable soirée avec le sympathique Thomas Enhco, en trio avec un excellent Chris Jennings à la contrebasse, et Nicolas Charlier à la batterie, dont l'énergie est réjouissante.

Mais voilà qu'au milieu du concert, Enhco fait entrer son invité surprise. Belle gueule, jolie voix, bonne technique, excellent accord avec l'ensemble — et cependant, quelque chose ne va pas. Les manières du chanteur son empruntées: il n'y a là rien d'authentique, c'est de l'art de seconde main. Entre les paroles qui font référence à divers artistes de jazz noirs américains, les effets vocaux qui mimiquent certains chanteurs noirs américains, jusqu'à la façon dont il épelle son nom, à l'Africaine plutôt qu'à la française, ou le film à l'affiche duquel je le découvre après, Benjamin Siksou pue la honte d'être né de la mauvaise couleur.

A-t-il trop bu la propagande gauchiste anti-blanc? Porte-t-il sur ses épaules les soi-disant crimes de sa race, selon quelqu'idéologie collectiviste et raciste? Sans doute. Croit-il qu'il soit impossible d'aimer la musique nègre sans abandonner son identité? C'est possible. Qu'importe, le résultat est là, fort pitoyable. Car il n'y a rien de plus triste qu'un homme qui a honte d'être lui-même.

Benjamin — tu es beau gosse, tu as du talent, les filles sont folles de toi. Alors mon conseil: relaxe. Oublie les conneries idéologiques, la culpabilité collective, le lavage de cerveau (trans)national socialiste à la française. Arrête de singer, sois toi-même — la seule personne que tu puisses être, et une personne pas si mal que ça, après tout. Mais là, tu gâches tes talents innés à mal imiter autrui au lieu de bien t'épanouir.

Quel contraste, entre l'américain Drew Davies et le français Benjamin Siksou! L'un bâtit sans complexe sa propre identité sur le passé en embrassant toutes influences, l'autre tente de se dissoudre dans un courant étranger en rejetant son propre passé.