July 28th, 2010

eyes black and white

Sophisme du jour: "respecter des idées"

Souvent, les émotionalistes (NF) réclameront que l'on respecte les idées qu'ils défendent, voire même celles d'un autrui qui se sent verbalement agressé.

Mais pourquoi devrait-on avoir du respect pour les superstitions d'autrui? Et d'abord, qu'est-ce que ça veut bien vouloir dire d'avoir du respect pour une idée? Qu'on ne giflera pas cette idée? Qu'on n'ira pas dessiner pas des croix gammées dessus ni lui faire des moustaches? Qu'on ne l'agressera pas physiquement? Mais une idée n'est pas physique! Alors selon ce critère, bien sûr que je "respecte" toutes les idées. Vous ne trouverez le cadavre d'aucune idée dans mon placard, dépecée après avoir été violée et son foie poëlé aux petits oignons.

Ou "respecter une idée", cela veut-il dire croire que cette idée est vraie, que ses tenants sont des génies, etc.? Ou du moins que l'idée est aussi vraie que les idées rivales, et ses tenants absolument pas des imbéciles de la tenir pour vraie? Dans ce cas-là, c'est vous messieurs les émotionalistes qui montrez un manque singulier de respect pour mes idées! Sans parler de celles de tous ceux qui ont une religion ou un penchant politique ou la moindre opinion que vous ne partagez pas.

"Respecter des idées" est un faux concept, une erreur de catégorie, une vaste fumisterie employée par des escrocs pour faire taire la critique de leurs idées nauséabondes. Au contraire, c'est le devoir de l'honnête homme d'extirper l'erreur, de contrer les faux arguments, de déranger les fausses certitudes et de dénoncer les sophismes vaseux.

Le respect s'applique aux êtres humains, à leur vie, leur liberté et leur propriété, à commencer par leur corps physique. Tu ne commettras pas de meurtre, de vol, de dol, de viol — voilà le respect. Ni plus, ni moins. Et cela vaut envers les imbéciles comme les génies, ceux qui se trompent lourdement sur un sujet comme ceux qui y brillent. La tolérance ne s'applique pas aux idées (que l'on croit) fausses, mais aux personnes qui défendent des idées (que l'on croit) fausses — tant qu'elles ne se font pas criminelles au nom de ces idées, bien sûr.

Ah! Si d'aucun névrosé montre un attachement malsain à une idée fausse et se sent blessé par certaines vérités qu'il trouve cruelles (car seule la vérité blesse), ma foi, c'est un problème entre lui et son psychiatre, qui ne lui ouvre certes aucun droit à ce que la vérité soit tue autour de lui. Bien sûr si lesdites vérités déclenchent une psychose violente chez ledit névrosé, ou d'autres comportements nuisibles, il est sans doute prudent de se retenir devant ce danger public; mais c'est alors une question de prudence de l'individu sain qui n'a pas la force de son côté, et non de droit du névrosé à ne pas être contredit. En fait, si le droit est respecté, alors la force publique sera là pour rosser le faquin qui se ferait violent au nom que ses idées auraient été bafouées, et pour le punir ou le mettre hors d'état de nuire selon le degré d'agression de cet intolérant.