October 6th, 2008

eyes black and white

La charité et l'État

En réponse à ceux qui me demandent comment telle ou telle autre catégorie de bénéficiaires de la charité publique (dont ils font généralement partie) feraient sans l'État, je réponds: croyez-vous vraiment que les hommes politiques se soucient le moins du monde de votre sort? Sont-ils la source d'où jaillit toute cette charité que l'État déverse sur la société? Ou au contraire, la source de cette charité se trouve-t-elle dans la générosité du peuple lui-même, les hommes de l'État n'étant que des intermédiaires? Pire, ces intermédiaires ne seraient-ils pas dispendieux, corrompus et corrupteurs, se servant allègrement au passage, et monopolisant par la force toute voie pour l'expression de cette générosité humaine? En prenant aux uns de force pour donner aux autres sous la forme de "droits" qui leurs seraient dûs, travaillent-ils à rapprocher les donateurs des bénéficiaires par la conscience et la jouissance d'un intérêt partagé, ou au contraire divisent-ils les uns et les autres en classes opposées aux intérêts contradictoires?

Vous pouvez croire effectivement que les hommes politiques sont la source de toute générosité. Mais alors, abandonnez toute illusion démocratique: ce que vous désirez, c'est la dictature, celle d'une aristocratie d'êtres autoproclamés supérieurs auxquels vous vous identifiez sans doute sur la masse du vil bas peuple, trompé et mené par le bout du nez "pour son propre bien".

Mais permettez-moi de douter de la supériorité de caractère de ces hommes politiques que vous désignez comme vos champions, et de vous trouver bien naïf de vous identifier à eux. Nous libéraux pensons que les hommes politiques se distinguent non par leur sens professé de l'intérêt public mais par la soif du pouvoir conjuguée à l'absence de tout scrupule. Et nous reconnaissons comme la source de toute générosité l'harmonie des intérêts et des sentiments parmi le peuple, quand elle n'est pas détruite par l'intervention liberticide et déresponsabilisante des hommes de l'État et autres bandits impunis.

[ François-René ÐVB Rideau | Reflection&Cybernethics | http://fare.tunes.org ]
Le Mal ne consiste pas à comprendre le Bien et chercher son opposé (comportement psychopathique extrêmement rare voire inexistant). Le Mal ne consiste pas à avoir une notion imparfaite du Bien (de toute façon, personne n'a de notion parfaite du Bien). Le Mal consiste à user de la force pour imposer aux autres sa notion du Bien (qui est ipso facto corrompue par cette imposition). Ainsi, le Mal est l'essence même du pouvoir politique.