July 12th, 2005

eyes black and white

Nationalisme contre Libéralisme

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Prenons pour exemple Jean-Jacques Rosa, penseur de la droite nationaliste, qui contrairement à la plupart des commentateurs politiques a eu l'honnêteté intellectuelle de lire des auteurs libéraux avant de critiquer, et qui pourtant ne comprend pas vraiment le libéralisme et commet les mêmes erreurs classiques. Ainsi, dans ce texte sur Frédéric Bastiat, Jean-Jacques Rosa confond deux définitions du mot État, comme organisation de la force d'une part, chose effectivement nécessaire, et comme monopole de la force d'autre part, chose aussi nuisible qu'inutile. Par cette identification, il en vient à déduire que le monopole est nécessaire, que le mal est bien, que le bien est impossible, qu'il faut se résigner à l'État, considérer comme des vandales ceux qui s'y opposent, et rechercher comment mettre cet État au services des Vraies Valeurs. Conclusion absurde s'il en est. Si Bastiat ne distingue pas ces deux concepts par deux mots distincts, comme le fera son ami et successeur Gustave de Molinari, il les distingue bien conceptuellement, dans son essai l'État, par exemple. Rosa a donc tort d'attribuer à Bastiat ce qui est une erreur que Rosa lui-même commet, erreur fondamentale de l'étatisme. Certes, Bastiat ne s'est pas, comme Molinari, penché sur la structure d'un gouvernement sans monopole, et n'est donc pas forcément la référence à donner sur ce propos. Jean-Jacques Rosa a donc fait un effort de recherche, mais n'est pas allé jusqu'au bout de sa démarche de compréhension du libéralisme. A sa décharge, notons que de nombreux libéraux modérés n'ont pas non plus fait cette démarche.

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