May 31st, 2005

eyes black and white

Dans l'arêne, le spectacle animalier continue

Jacquouille la fripouille, toujours à la lèche de l'opinion, croit devoir faire tomber une tête, et le plus haut possible. La sienne, il y tient trop: l'Élysée est tellement plus confortable que Fleury Mérogis! C'est donc évidemment Raffarien l'insignifiant qui tombera. Ainsi, il pourra enfin servir un rôle dans lequel il a quelque talent: fusible. Oui, mais qui mettre à la place? Certainement pas quelqu'un de compétent, et encore moins d'ambitieux: le succès politique d'un premier sinistre valable créerait un dangereux concurrent pour la prochaine élection pestilentielle; or, outre que se maintenir en place est l'unique raison d'être de notre escroc préféré, la réélection est le seul moyen sûr d'écarter le spectre de l'exil forcé à la suite d'inévitables poursuites judiciaires (la prison, c'est pour les caves, pas pour les véritables affranchis). Mieux vaut promouvoir le premier des courtisans. À droite, on n'a pas des reptiles visqueux comme Jack ou Roland, mais on a bien des amphibiens comme Dominique, qui croassent obligeamment pour leur maître. Le crapaud à la voix la plus aigüe est donc promu ténor. Tout cela était si prévisible!

La seule nomination qui m'a appris quelque chose était celle du petit Nicolas. Ce n'est pas de plein gré que Monsieur Sourire a pris ce loup aux dents longues dans son équipe. Garder ses ennemis près de soi, certes, mais seulement s'ils valent de n'être pas chassés comme des moustiques. Le petit Nicolas est plus gros qu'un moustique. Beaucoup plus gros. Il a des soutiens que Jacquou ne peut pas ignorer, malgré ses désirs: une patte dont il a trop besoin, malgré son activité effrénée à déplacer son centre de gravité vers la gauche.

La politique, art se positionner entre amis et ennemis? Non. La politique, du grec Poly, beaucoup, et de tiques, parasites suceurs de sang.