September 20th, 2004

eyes black and white

Mu c'est mu

Juste parce que j'affirme que Chirac est mieux que Le Pen (ou que Le Pen est moins mauvais que Chirac) ne fait pas de moi un chiraquien (ou un lepéniste). D'ailleurs, je n'ai voté ni l'un ni l'autre. Une préférence, affirmation descriptive, n'est donc pas une action, pas un engagement de ressource. Je n'ai "soutenu" ou "défendu" ni Chirac ni Le Pen. Face à l'alternative proposée, je ne réponds ni oui, ni non, mais Mu. C'est-à-dire que je rejette l'alternative et je refuse de cautionner l'un ou l'autre, comme je suis (heureusement) encore libre de le faire. En fait, je ne cautionne même pas l'élection: je boycotte les urnes par principe.

Et pour rendre la chose plus claire encore: entre Hitler et Staline, si on me forçait à choisir, je choisirais bien l'un des deux. Cela ne fait de moi ni un hitlérien ni un stalinien. Et d'ailleurs, ma préférence marginale pour l'un n'empêche pas que je n'ai rien fait pour soutenir l'un ou l'autre. Mu. Bien au contraire, j'engage ma part de ressources dans la recherche thérapeutique contre le national- et l'international- socialisme. (Si ce cas-là vous paraît trop difficile à trancher, remplacez l'un des deux par un méchant "évidemment" moindre mais toujours néanmoins monstrueux à vos yeux, que ce soit Mussolini, Roosevelt, Napoléon, Barbe Bleue, etc.)

Ceux qui forcent d'autres à choisir sont des criminels. Ceux qui interprètent une préférence comme un engagement sont des imbéciles.

J'aime bien cette cinglante de Tom G. Palmer:

I'm sure that I'll get the usual share of you're objectively pro-war email from the usual crackpots. I'm not. (I'm amazed that so many people assume that if you criticize a bad argument against the war, that makes you pro-war, rather than anti-bad argument and therefore pro-good argument.) But anyway, screw 'em; I've got better things to do than to worry about that sort.

eyes black and white

My Creed

My Creed

I do not choose to be a common man.
It is my right to be uncommon -- if I can.
I seek opportunity -- not security.
I do not wish to be a kept citizen,
humbled and dulled by having the state look after me.
I want to take the calculated risk;
to dream and to build, to fail and to succeed.
I refuse to barter incentive for a dole.
I prefer the challenges of life to the guaranteed existence;
the thrill of fulfillment to the stale calm of utopia.
I will not trade freedom for beneficence nor my dignity for a handout.
I will never cower before any master nor bend to any threat.
It is my heritage to stand erect, proud and unafraid;
to think and act for myself, enjoy the benefit of my creations
and to face the world boldly saying, this I have done.
All this is what it means to be an American.

Dean Alfange

This poem was the basis for Douglas Rasmussen's speech in Aix. I thought I should not only share it with friends, but cast it in gold into my blog. Yes, I am an American, just born in the wrong country. Actually, America is an idea, not a country. Someday, the whole world will be America: land of the free, home of the brave. In the meantime, America experiences a relative shortage of Americans.