January 26th, 2004

eyes black and white

Le monopole de la violence routière

Tout à l'heure, je quitte le boulot avec ma voiture. Temps habituel pour rentrer: 45 minutes quand tout va bien; 1 heure avec la circulation du soir. 1h30 avec en plus le mauvais temps. Mais, là, il a fallu 1 heure pour quitter Luxembourg-ville, 3h15 pour rejoindre la frontière. 3h45 pour rentrer à la maison. Oh, la tempête de neige a joué: en dehors des bouchons, là où la neige avait fondue, je roulais seulement à 90km/h maximum. Mais la raison principale des ralentissements est le contrôle systématique des poids lourds à la frontière. Bilan: des heures perdues pour des milliers de personnes, des dizaines de kilomètres de bouchons en direction de la frontière française (dans les autres directions et après la frontière, route dégagée). Avec toutes les manoeuvres qui s'ensuivent, j'ai bien vu des véhicules immobilisés sur la voie, mais ils ne ralentissaient pas le lent flux des voitures, et vu comme la circulation allait dans les autres directions, il est plus que probable que s'il y a eu accident, c'est à cause de l'intervention des forces de l'ordre.

Si ce ne sont pas des violences routières à grande échelle, ça, je me demande ce que c'est que des violences routières! Et ce n'est pas la première fois que ça arrive, même si là, ça se conjugue au mauvais temps. Bien sûr, direz-vous, ralentissements et accidents ont lieu au Luxembourg, pas en France -- comme quoi je pense que le Grand-Duc serait fondé à constater que le gouvernement français agresse le Luxembourg, et à défaut de promptes réparations, à déclarer la guerre. Sécurité routière, dites-vous? Comme ces accidents sur le périphérique à Paris et ailleurs, dus aux ralentissements brusques à l'approche des radars? Non mais! Encore une fois, l'État, sur les routes comme ailleurs, ne diminue pas la violence, mais la monopolise, l'amplifie, la diffuse.