François-René Rideau (fare) wrote,
François-René Rideau
fare

Free hens don't live in henhouses! / Les poules libres ne vivent pas dans des poulaillers!

These pagragraphs have long been on my very first page (in French) "About (Classical) Liberalism", in the mid to late 1990's, but the topic comes back often enough that they deserve their own page. And their translation. So here it is.

Slogan: "Libertarianism is the free fox in the free henhouse." i.e. to abolish the State would be to let criminals act against law-abiding citizens thereby left helpless.

Reality: This metaphor does not at all describe the alternative offered by libertarians, but is quite telling about the way that statists see individuals.

(This quip can be traced back to the German revolutionary Ferdinand Kürnberger in 1874, and was notably translated to English and cited by Henry Wickham Steed in one of the anti-libertarian and anti-semitic rants in his book "The Habsburg Monarchy", 1913, p. 155.)

First, let's examine the meaning of this metaphor, regarding the role of this State that is suddenly being abolished. According to this metaphor, law-abiding individuals are like the hens in a henhouse. Who usually protects these hens from external aggressions? A farmer, the State, plays this role; It is supposed to be a being superior to the mere hens. But why stop the metaphor there? Inasmuch as it applies, it consists in considering individuals as cattle being raised, subject to the whims of a farmer, the State. Now, this farmer can and will at his leisure control their reproduction, steal their eggs, fatten them, and butcher them. The henhouse is the exploitation of hens by the farmer. Between a fox and a farmer, hens are given a choice but between two predators. The State isn't any more of a friend to the citizens than a farmer is a friend to the hens; just like a farmer exploits his hens, the State exploits its law-abiding citizens. The criminal, like the fox, resorts to some sudden, extraordinary violence, whereas the State resorts to an ordinary, permanent, violence; this farmer locks his citizen-hens in a henhouse, a prison made out of regulations and guarded by police-dogs. He offers them a ready-made future, wherein they will be stuffed with various subsidies but constantly stripped of the eggs of the wealth they create; they will be slaves all their lives long, until the State slaughters them and feeds off their carcasses, confiscating their legacy.

Free hens do not live in henhouses. They live in the great outdoors. They nest in tall grass. They are not as plump as farmed hens, but whatever fat and muscles they may accumulate is for their own enjoyment, not that of whoever dines upon them. They run fast, they jump far and high above obstacles to escape the fox, and sometimes even fly out of his reach; when it comes to it, they will dish out fierce pecks with their beaks, to defend their kin and protect their flight. They do not lay eggs daily for the pleasure of human predators, but only as befits their reproductive cycle. They are not locked within a fence, or worse in a scrimpy henhouse without any emergency exit in case of fox; they live free to follow their aspirations, and to cross roads without having to answer anyone's questions.

No, really, the abolition of the State as a monopoly of force cannot be compared to letting a fox in a henhouse; for in a free society, individuals are not farmed hens subjected to a superior being (beside, may these beings who aspire to rule us show us their titles of superiority!), but independent creatures, who can better defend themselves either alone or in voluntarily gathered groups, all the better since they haven't been reduced to the state of passive slaves. Libertarians are not pacifists who aim to abolish defensive force. Tolstoyans were such pacifists; they disappeared in the frozen, blood-red, night of the bolshevik revolution. Libertarians claim that individuals shall be able to arm themselves and organize their own defense. The animal metaphor for potential aggressors in a libertarian society will then rather be that of the free crocodile in the river of the free hippopotamuses — kept in awe by the tough skin and the powerful jaws of the hippos, who live peacefully as long as they are not attacked.

 

Ces paragraphes ont longtemps été sur ma toute première page "Sur le Libéralisme", mais le sujet revient assez souvent pour qu'ils méritent leur propre page. Ci-donc fait. [Article depuis repris sur Contrepoints.]

Slogan: "Le libéralisme, c'est le renard libre dans le poulailler libre." i.e. supprimer l'État, ce serait laisser les criminels agir au détriment des honnêtes citoyens alors sans défense.

Réalité: Cette métaphore ne décrit pas du tout le choix proposé par les libéraux, mais en dit long sur la façon dont les étatistes considèrent les individus.

(Cette métaphore, faussement attribuée à Jaurès ou Lacordaire, nous vient en fait du révolutionnaire allemand Ferdinand Kürnberger, en 1874, dont l'expression fut citée et traduite en anglais par Henry Wickham Steed dans une des tirades anti-libérales et anti-sémites de son "The Habsburg Monarchy", 1913, p. 155 et retraduite en français par Victor Bérard, Revue des Deux Mondes, 1er Novembre 1914, p. 177.)

Tout d'abord, voyons ce que signifie cette métaphore, quant au rôle de cet État qui se trouve soudain supprimé. Au vu de cette métaphore, alors les individus honnêtes sont des poules dans un poulailler. Qui protège habituellement les poules contre les agressions extérieures? Un fermier, l'État, remplit ce rôle; C'est censé être un être supérieur aux poules. Mais il ne faut pas s'arrêter en si bon chemin. Si cette métaphore s'applique, alors il faut accepter de voir dans les individus des bêtes d'élevages, soumises au bon vouloir d'un État fermier. Or ce fermier peut et va à loisir contrôler leur reproduction, voler leurs œufs, les engraisser et les égorger. Le poulailler, c'est l'exploitation des poules par le fermier. Entre le renard et le fermier, il n'est pour les poules que le choix entre deux prédateurs. L'État n'est pas plus l'ami des citoyens que le fermier n'est l'ami des poules; comme le fermier exploite ses poules, l'État exploite les citoyens honnêtes. Le criminel, tel le renard, use d'une violence subite, extraordinaire, tandis que l'État use d'une violence ordinaire, permanente; il enferme ses poules de citoyens dans un poulailler, une prison faite de lois et gardée par des chiens-policiers. Il leur offre un avenir tout fait, où ils seront gavés par diverses subventions mais constamment dépouillés des œufs de la richesse qu'ils créent; ils sont des esclaves durant toute leur vie, jusqu'à ce que l'État les abatte et se nourrisse de leurs dépouilles, confisquant leur héritage.

Les poules libres ne vivent pas dans un poulailler. Elles vivent au grand air. Elles nidifient dans des hautes herbes. Elles sont loin d'être aussi dodues que les poules d'élevage, mais c'est à elles et non pas à un dîneur que profitera la graisse et les muscles qu'elles accumuleront. Elles courent vite, sautent loin par dessus les obstacles pour échapper au renard, et même s'envolent pour se percher hors d'atteinte au besoin, elles donnent des coups de bec féroces pour se défendre ou protéger la fuite des leurs. Elles ne pondent pas quotidiennement et en vain pour le plaisir des prédateurs humains, mais à fin de reproduction seulement. Elles ne sont pas enfermées dans une clôture, voire pire dans un poulailler étriqué sans issue de secours en cas de renard; elles vivent libres de suivre leurs aspirations, et de traverser les routes sans avoir à en répondre à quiconque.

Non vraiment, l'abolition de l'État comme monopole de la force ne peut pas se comparer à laisser entrer le renard dans le poulailler; car dans une société de liberté, les individus ne sont pas des poules d'élevages soumises à un être supérieur (d'ailleurs, que ces êtres aspirant à nous diriger présentent leurs titres de supériorité!), mais des êtres indépendants, pouvant se défendre seuls ou en groupes volontairement formés, d'autant mieux qu'ils n'auront pas été réduit à l'état d'esclaves passifs. Les libéraux ne sont pas des pacifistes visant à abolir la force défensive. Les tolstoïens étaient de tels pacifistes; ils ont tous disparus dans la nuit glacée et rouge sang de la révolution bolchévique. Les libéraux revendiquent que les individus puissent s'armer et organiser leur propre défense. La métaphore animalière pour les agresseurs potentiels dans une société libérale sera alors plutôt celle du crocodile libre dans le fleuve des libres hippopotames - tenu en respect par la peau dure et les machoires puissantes des hippopotames, qui vivent paisiblement tant qu'ils ne sont pas attaqués.

Tags: en, fox, fr, henhouse, libertarian, poulailler, renard
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