Pinochet n'est bien sûr pas coupable
quand les troupes contre-révolutionnaires commettent des exactions
qui sortent du cadre strict de l'écrasement de l'usurpation communiste.
N'ayant pris la tête des troupes qu'au dernier moment,
il n'a pas pu les préparer -- et leur violence est une bien faible réaction
aux exactions des communistes auxquels
les contre-révolutionnaires faisaient face
(meurtres, enlèvements, tortures, vols, confiscations, vandalisme, etc.).
Il suffit que Pinochet n'ait commandité aucune d'entre elles.
Par contre, et ce qui compte davantage, Pinochet est pleinement
responsable, parce qu'il a endossé ces crimes plutôt
que d'en sanctionner immédiatement les coupables:
pas la moindre dégradation, arrestation, amende, humiliation publique,
ni même punition symbolique, ni réprimande
pour ceux qui ont commis par abus (plutôt que par accident)
des violences à l'encontre d'innocents.
Aucune enquête face aux allégations d'abus. Aucune excuse. Aucun dédommagement.
Pinochet revendique même ouvertement la responsabilité de toutes les exactions;
il clame couvrir tous les soldats et officiers ayant participé
à toutes les opérations de contre-révolution.
Soit.
(Quoique: ce qui compte demeure
ce qu'il a fait ou omis de faire, pas ce qu'il clame.)
Mais alors, s'il n'y a eu même qu'une seule victime innocente,
parmi une quasi unanimité d'immondes crapules communistes
dont le Chili est débarrassé à juste titre grâce à lui,
Pinochet méritera la prison dont il va écoper.
(En supposant un instant le principe d'une justice pénale plutôt que rétributive.)
Toutefois, j'espère que s'il est condamné,
il le sera pour un tel crime, et d'un tel crime établi,
et non pas pour la simple allégation de crimes,
et non pas pour ce qu'il a fait de bien:
sauver le Chili, à l'appel du parlement et d'un million de manifestants,
de la sanguinaire descente dans l'enfer communiste
dans laquelle il était déjà profondément engagé grâce à Monsieur
j'instaure la dictature communiste par décret
en méprisant le parlement qui m'a nommé
et en bafouant la constitution que j'ai juré de respecter,
fort de mes 36% de voix et de mes alliés soviétoïdes
.
Car un communiste n'a rien d'un innocent,
et il n'y a rien de plus justifié que d'appliquer aux communistes
en plein milieu de leur oeuvre criminelle
les méthodes contre-insurrectionnelles que ceux-là mêmes appliquent
avec bien plus de cruauté quand ils en ont l'occasion,
et dans l'absence revendiquée cette fois
d'aucun discernement quant à l'innocence ou la culpabilité individuelle
de leurs victimes -- concept bourgeois
s'il en est.
Quand vient l'heure de la révolution,
un bon communiste est un occis mort.
Tirez les premiers, messieurs les communistes:
tirera bien qui tirera le dernier.
PS: Reconnaissons au moins à Castro ce point positif par rapport à Pinochet:
il a tué plus de communistes.