Quand une personne est outrée en voyant un vol ou une agression
commise contre un tiers,
elle fait un premier pas dans le libéralisme.
Quand une personne reconnaît le droit de protagonistes
de s'adonner à des transactions volontaires qu'elle déteste,
avouant que ce n'est pas son affaire,
elle fait un deuxième pas dans le libéralisme.
Quand une personne voit une tierce personne empêcher
deux protagonistes de se livrer à une transaction volontaire
et proteste contre cette intervention,
elle fait un troisième pas dans le libéralisme.
Quand une personne voit le gouvernement ou une entité collective
interférer dans la vie d'autrui et déclare que
ledit gouvernement sort du domaine légitime de ses activités,
elle fait un quatrième pas dans le libéralisme.
Quand une personne tente d'établir les limites des attributions du gouvernement
et les libertés laissées aux individus,
elle fait un cinquième pas dans le libéralisme.
Quand une personne s'aperçoit que
les attributs légitimes d'un état sont fort limités
et que les états actuels agissent largement là où ils n'ont pas de légitimité
et nuisent plus qu'ils ne font de bien,
elle fait un sixième pas décisif dans le libéralisme
(et sort de l'infra-libéralisme).
Quand une personne s'aperçoit qu'un vol n'est pas moins vol
parce qu'il est fait au nom de l'état,
que l'intervention d'un tiers contre des transactions volontaires
n'en est pas moins illégitime parce qu'elle est effectuée au nom
de l'intérêt général,
elle fait un septième pas dans le libéralisme.
Quand une personne s'aperçoit
qu'il n'y a pas de force au-dessus de la société et extérieure à la société,
mais seulement des forces internes à la société,
sujettes à la dynamique universelle
d'incitations responsables ou irresponsables,
elle fait un huitième pas dans le libéralisme.
Quand une personne s'aperçoit
de la différence conceptuelle entre
État
comme organisation de la force
et État
comme comme monopole de la force,
et comprend que le monopole institutionnalise le pouvoir
de parasites sans scrupules sur les faibles et honnêtes gens,
elle fait un neuvième pas dans le libéralisme.
Quand une personne s'aperçoit
que l'État n'est pas plus incarné que la Nation ou Dieu,
qu'il n'y a au fond que des individus qui puissent posséder des droits,
que les collectivités sont des entités fictives
et qu'on ne peut déléguer ou céder
qu'à d'autres individus,
que des droits que l'on possède individuellement,
elle est pleinement libérale.
NB:
article publié simultanément sur
mon blog
et sur
Liberty.li.