Juste parce que j'affirme que Chirac est mieux que Le Pen
(ou que Le Pen est moins mauvais que Chirac)
ne fait pas de moi un chiraquien (ou un lepéniste).
D'ailleurs, je n'ai voté ni l'un ni l'autre.
Une préférence, affirmation descriptive,
n'est donc pas une action, pas un engagement de ressource.
Je n'ai "soutenu" ou "défendu" ni Chirac ni Le Pen.
Face à l'alternative proposée, je ne réponds ni oui, ni non, mais Mu.
C'est-à-dire que je rejette l'alternative
et je refuse de cautionner l'un ou l'autre,
comme je suis (heureusement) encore libre de le faire.
En fait, je ne cautionne même pas l'élection:
je boycotte les urnes par principe.
Et pour rendre la chose plus claire encore:
entre Hitler et Staline, si on me forçait à choisir,
je choisirais bien l'un des deux.
Cela ne fait de moi ni un hitlérien ni un stalinien.
Et d'ailleurs, ma préférence marginale pour l'un
n'empêche pas que je n'ai rien fait pour soutenir l'un ou l'autre. Mu.
Bien au contraire, j'engage ma part de ressources
dans la recherche thérapeutique
contre le national- et l'international- socialisme.
(Si ce cas-là vous paraît trop difficile à trancher,
remplacez l'un des deux par un méchant "évidemment" moindre
mais toujours néanmoins monstrueux à vos yeux,
que ce soit Mussolini, Roosevelt, Napoléon, Barbe Bleue, etc.)
Ceux qui forcent d'autres à choisir sont des criminels.
Ceux qui interprètent une préférence comme un engagement sont des imbéciles.
J'aime bien cette
cinglante de Tom G. Palmer:
I'm sure that I'll get the usual share of
you're objectively pro-war
email from the usual crackpots.
I'm not.
(I'm amazed that so many people assume that if you criticize
a bad argument against the war, that makes you pro-war,
rather than anti-bad argument
and therefore pro-good argument
.)
But anyway, screw 'em;
I've got better things to do than to worry about that sort.