"Pragmatisme"
Au cours d'un
débat,
je me suis vu opposé comme souvent
l'argument bâteau du pragmatisme
contre l'idéologie
.
Ah, le pragmatisme!
Se vanter de son absence de principes comme d'une vertu!
Mais comment pouvez-vous savoir si telle ou telle règle est pratique,
tandis que telle autre ne l'est pas,
si vous n'avez aucun principe pour juger?
Pour paraphraser Daniel Dennett,
il n'y a pas de science sans principe,
mais il y a beaucoup de sciences
qui refusent d'examiner leurs principes.
Les soi-disant pragmatiques
n'agissent pas sans principes:
la vérite est bien plutôt qu'ils ont des principes
mais que ces principes sont inavoués,
le plus souvent parce qu'inavouables.
Mais j'aurai beau prouver que de tels arguties sont absurdes,
jamais un pragmatique
ne concédera avoir eu tort,
n'essaiera d'articuler ses principes jusque là implicites,
voire de les réformer explicitement.
Car le pragmatisme
ne repose pas sur une erreur de raisonnement,
pas plus que sur de la mauvaise foi.
Il repose sur une absence de raisonnement,
sur une foi qui est en-deçà du bon et du mauvais.
Il repose sur l'incapacité, la défiance et/ou le refus de l'abstraction,
ce qu'Ayn Rand appelle
la mentalité anti-conceptuelle,
sur la prépondérance de ce que dans la typologie Myers-Briggs
on appelle Sensing
par opposition à iNtuition
:
un esprit concret plutôt qu'abstrait.
