| François-René Rideau ( @ 2004-02-13 10:53:00 |
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La grande peur de la "défaillance du marché"
Pour justifier l'intervention de l'État, les adeptes de la
magie noire
s'inventent des scénarios-catastrophes du genre
que se passe-t-il si les fournisseurs de tel type de service
font tous faux bond et ne satisfont pas le public?
Ces ratiocinations suivent un modèle standard,
et on peut leur donner une réponse standard.
L'exemple repose systématiquement sur la supposition
que le problème est isolé,
que la défaillance d'un acteur est une catastrophe irréparable,
qu'il n'y a pas un marché national
pour pallier les déficiences locales, etc.
Et aussi et surtout que l'État est à même de faire mieux et de corriger
ces défaillances du marché
.
Si le problème était isolé, franchement, il ne vaudrait pas la peine d'en parler. Et si le problème n'est pas isolé, alors la concurrence sera rude, et un acteur défaillant n'aura aucun mal à se faire remplacer. Si par hasard dans un quartier donné tous les acteurs se révélaient insuffisants pour remplir une mission à forte demande, cela serait dans un marché libre une opportunité pour l'émergence d'un nouveau concurrent ou l'implantation d'un concurrent étranger (au quartier).
Pensez-vous, personnellement, que dans tel quartier, il y a vraiment une forte demande sans réponse? Ma foi lancez-vous! Plutôt que de demander que d'autres résolvent le problème à votre place, qui plus est avec l'argent des autres, ce qui est l'attitude des chiennes étatistes se prosternant en tortillant du cul aux pieds de Dieu-l'État tout puissant, prenez vos responsabilités, put your money where your mouth is - appuyez vos affirmations putatives par des actions effectives.
Si, le premier, vous réagissez et faites une offre qui réponde à la demande, votre entreprise sera couronnée de succès, et cette réussite sera à la fois de reconnaissance de votre talent, la récompense des services rendus à tous vos sponsors, un encouragement à continuer, et la mise à votre disposition de ressources pour exercer davantage votre talent, ici ou ailleurs. Si au contraire, vous n'étiez qu'un arrogant affabulateur, vous ferez faillite, et cette faillite sera à la fois le témoin de votre erreur, l'assurance que vous n'aurez plus les moyens de mettre votre bêtise à l'oeuvre, une désincitation à faire n'importe quoi pour tous vos émules potentiels. Et si votre faillite est due à l'influence de mauvaises idées qui n'excluent pas que vous ayez eu une ou deux bonnes idées au milieu, ma foi, d'autres que vous seront libres de suivre votre exemple sur les points qu'ils croient bons en changeant ceux qu'ils croient mauvais; et vous-mêmes serez libre de trouvez de nouveaux investisseurs pour une nouvelle entreprise amendée, si vous savez les convaincre. Avec un peu de chance, les pertes financières seront une sonnette d'alarme qui vous permettront de vous corriger avant la sanction de la faillite.
Bref, en l'absence d'un monopole ou de réglementations
élevant une barrière à l'entrée du marché,
il n'y a que des lâches et des hypocrites
pour prétendre qu'une demande n'est pas satisfaite;
si vous avez le courage d'une opinion sincère, lancez-vous:
le marché libre n'est pas, comme l'État chéri de vos fantasmes,
une divinité supérieure de laquelle attendre passivement la salvation;
vous faites partie de ce marché libre:
si vous voyez plus que les autres une opportunité,
c'est à vous de la saisir
(voir la blague près de la note #5 dans cet article);
et si vous ressentez plus que les autres un besoin,
c'est à vous de rendre attractive l'entreprise de le satisfaire.
Et plus la demande est criante
et plus la solution est évidente
, qui plus est pour tout le monde
,
plus vous êtes un lâche, un hypocrite ou un affabulateur
de le prétendre et de ne pas vous lancer.
Et si vous n'avez pas le temps
car votre activité actuelle est tellement plus productive et sûre
pour vous-même que celle dont vous vous faites le chantre,
eh bien money talks:
engagez les ressources que vous gagnez par ailleurs
pour les investir dans cette autre activité que vous prétendez si utile;
si comme vous le prétendez
tant d'autres personnes ressentent le même besoin que vous,
vous n'aurez aucun mal à susciter un fournisseur à vos besoins.
Déposez vos fonds chez un notaire, avec promesse
de les investir ou de les dépenser auprès d'un fournisseur
qui satisferait à vos critères,
en agréant un juge réputé impartial pour tout litige à ce sujet;
si vous collectez assez de fonds pour des conditions raisonnables,
il se trouvera bien quelqu'un pour relever le défi;
dans le cas contraire, ce sera la preuve
que votre évaluation était erronée.
Ceux qui justifient l'intervention politique par des scénarios catastrophes
ne comprennent pas plus la nature d'un marché libre
que celle de l'État;
ils en restent à la
pensée magique.
La grande peur des défaillances du marché
n'est autre chose que cette névrose de ceux qui ont peur de la liberté,
et se cherchent désespérément en l'État un parent
pour les soulager d'avoir à se comporter en adulte.