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eyes black and white

Night Fantasy / Fantaisie nocturne

A swarthy man of uncertain origin goes to meet small-time drug dealers in the suburbs of Paris; through them, he buys his way towards meeting greater criminals — but still not so great that they are in cahoots with the Establishment. He manages to recruit them for operations of organized crime, while claiming to represent a country that has scores to settle with the Republic, that has laid waste upon it. Which country? He does not reveal it to his accomplices, but it is of course... France. The target of these operations? Not a bank: bigger. Where the money is... where? Political Power. Therefore, attacks of tax centers, kidnapping for ransom of trade unionists, politicians, etc. They seize the slush funds of political parties, trade unions, works councils, or townhalls. They do not pick showy targets, unless they are also underprotected at the time, which then provides a diversion while they engage the next target. Whichever "public" state mafia or "private" state-protected mafia is targetted, there will always be a level of poorly protected staff: the accountant, the middleman, the cashier or the driver, who knows enough to provide key information sufficient for the bandits to make their move without being a kingpin protected by his henchmen.

Having achieved many successes, the protagonist realizes that though he has managed to weaken the reviled Establishment, he only encouraged the more rapid emergence of a new class of aristocrats, more violent than previous ones, on both sides. Some gangsters who work with him are willing to respect the rule that only the Establishment is fair game; but others imitate his innovative tactics indiscriminately against all potential victims. The State uses this wave of attacks as a pretense to intensify its oppression and its generalized violence against a helpless and unarmed population, caught between the arbitrary power of police forces and the violence of ever better trained bandits. The State deploys its army, but is more eager to repress vigilante militias of honest citizens that spontaneously arise than to confront the increasingly violent gangs that spill blood all around the country. Discontent rises among the troops that are reluctant to police bad neighborhoods, and after a few pitched battles and late wages, desertion is also growing. While the State retreats, and thus acknowledges its permanent loss of control over entire regions to the benefit of bands of fanatical barbarians who far outweigh the gang that has developed, the protagonist realizes that by innovating in violent means, he only contributed to the escalation of violence, which increases the share that Society dedicates to violent predation, at the expense of the share that it dedicates to peaceful production. While the reviled State collapses around him, it is barbarianism, not civilization, that replaces it.

The story ends when the protagonist is secretly warned by one of his former lieutenants, who joined a neighboring gang that was more violent and less scrupulous: the gang decreed its territorial monopoly on violence in the surrounding suburbs, and is about to assault the hideout of the protagonist with overwhelming forces. Rather than flee with his cash, the protagonist sends the younger members of his gang to distant missions that will keep them at bay for a few days, then prepares to make a stand with his most faithful companions in this hopeless confrontation.

 

Un homme basané d'origine incertaine va à la rencontre de petits trafiquants dans les banlieues parisiennes; à travers eux, il achète son chemin vers la rencontre de plus grands criminels — mais quand même pas si grand qu'ils sont de mèche avec l'Establishment. Il arrive à les recruter pour des opérations de grand banditisme, en disant représenter un pays qui a des comptes à régler avec la République, par laquelle il a longtemps été ravagé. Quel pays? Il ne le révèle pas à ses complices; mais il s'agit bien sûr de... La France. La cible des opérations? Non, pas une banque: plus gros. Là où est l'argent... où ça? le pouvoir politique. Donc, attaques de perceptions, enlèvement contre rançon de syndicalistes, de politiciens, etc. Ils s'emparent de la caisse noire d'un parti, d'un syndicat, d'un comité d'entreprise, ou d'une mairie. Ils ne s'en prennent pas à des cibles trop voyantes, sauf, avant qu'elles ne soient protégées, ce qui détourne l'attention de la cible suivante. Quelle que soit la mafia étatique ou para-étatique ciblée, il y aura toujours un niveau de personnel mal protégé: le comptable, l'intermédiaire, le caissier ou le chauffeur, celui qui en sait assez pour donner aux bandits l'information clef pour faire leur coup, sans être le caïd protégé par ses sbires.

Ayant obtenu de nombreux succès, le protagoniste s'aperçoit que s'il a réussi à affaiblir l'Establishment honni, il n'a fait qu'encourager la plus rapide apparition d'une nouvelle classe d'aristocrates, plus violents, des deux côtés. Certains des gangsters qui travaillent avec lui veulent bien respecter la règle de ne s'en prendre qu'à l'Establishment; mais d'autres imitent ses tactiques innovantes indiscriminément contre toutes cibles potentielles. L'État trouve matière à justifier par cette vague d'attentats une intensification de son oppression et de sa violence généralisée à l'encontre d'une population désemparée et désarmée, prise en étau entre l'arbitraire policier et la violence de bandits de mieux en mieux formés. L'État déploie l'armée, mais est plus prompt à s'en prendre aux milices d'autodéfense de citoyens honnêtes qui surgissent spontanément qu'aux gangs de plus en plus violents qui ensanglantent le pays. La grogne monte parmi les troupes peu enclines à faire de la police dans les quartiers, et après quelques batailles rangées et des soldes payées en retard, la désertion monte aussi. Alors que la retraite de l'État entérine sa perte permanente du contrôle de territoires entiers au profit de bandes de barbares fanatiques qui éclipsent de loin le gang qu'il a développé, le protagoniste se rend compte qu'en innovant sur des moyens violents, il n'a fait que participer d'une escalade de la violence, qui cultive la part que la société dévoue à la prédation violente au détriment de la part que la société dévoue à la production pacifique. Tandis que l'État honni s'écroule autour de lui, c'est la barbarie, non la civilisation, qui le remplace.

L'histoire se termine quand le protagoniste est secrètement averti par un de ses anciens lieutenants, qui a rejoint un gang voisin plus violent et moins scrupuleux: ce gang s'est déclaré monopole territorial de la violence dans la banlieue environnante, et s'apprête à attaquer le repaire du protagoniste avec des forces écrasantes. Plutôt que de fuir avec la caisse, le protagoniste envoie les plus jeunes membres de son gang dans des missions lointaines qui les éloigneront quelques jours, et attend de pied ferme cette confrontation sans issue, avec ses plus fidèles compagnons.

Comments

Slava Drakonu!

Slava Drakonu! http://www.youtube.com/watch?v=7RYYF4tRjuA via hodja — ignore the happy ending and learn the lesson.

Edited at 2013-10-30 05:45 pm (UTC)
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